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26 avril 2007

Jardin secret

Les nuages de la fin de matinée commençaient à recouvrir les cimes, et le vieux se dirigea, muni du rouleau de gros câble électrique vers les habitations de Bois-Rouge en contrebas. Il abandonna le rouleau dans un fossé au dessus de la case de Rose-Améline, et entra. Dehors traînaient encore quelques restes de la veille. L’intérieur exhalait le malaise, l’abandon, malgré la propreté, le calme, la paix qui se dégageait de la pièce petite et claire au milieu de laquelle une table en bois blanc semblait chuchoter au visiteur impromptu des paroles de bienvenue et d’accueil. La jeune femme avait dû s’éloigner pour chercher de l’eau à la source ou pour aller se procurer quelques légumes pour le repas de midi. Le silence remplissait l’atmosphère, parfois interrompu par des aboiements issus des autres cases, ou par un souffle léger s’engouffrant entre les feuilles des quelques arbres entourant la case. Lavergne se laissait gagner par cette paix, lui qui pourtant baignait déjà habituellement dans la solitude. Il alla se servir dans le baquet de réserve d’eau de quoi étancher sa soif après les heures de travail fournies dans la matinée. Au fond de la pièce, il entrevoyait  le réduit qui avait été le domaine privé de celui qu’il aimait appeler le rêveur, en opposition à sa soeur, dont le tempérament ne supportait au contraire que le terre à terre. Il savait que ce tempérament n’était qu’une apparence et que Rose-Améline gardait quelque part dans le fond de son coeur un jardin secret fait d’imaginaire et d’idéal. La partie de la pièce qu’il apercevait par la porte restée entrouverte dégageait une sensation de froid intense, alors même que la température extérieure commençait à devenir étouffante. Il parcourut les quelques mètres qui le séparaient de l’alcôve et ferma la porte, puis s’installa dans l’espèce de canapé confectionné avec les moyens du bord qui trônait sur le mur est de la salle principale, regardant vers l’immensité ouverte au delà de la seule ouverture lumineuse percée dans la tôle...
 
 
 
reprendre depuis le début : voir Le coin Fiction, ou Amilcar 

22 avril 2007

Kafrine

Kafrine la pa bésoin pléré,

Ton Kaf lé encor la

Bondié,ou va sant Maloya

Y fé fré déor, moin dé atan a ou

Mé moin la pa perd léspwar, moin la giny couraz

Mé la y fé nwar y fé fré déor

Mé la y fé nwar y fé fré déor Kafrine

Le tan fini passé Kafrine le tan fini coulé

Mon kèr dan l'désépwar la vi va fér nwar...

 

Ti Sours, 1995, Réunion

21 avril 2007

Vote

Demain, il va falloir voter. De grand matin, nous prendrons le chemin, il fera beau, les oiseaux grésilleront dans les fourrés, le bitume sera dans l'attente de la surchauffe du soleil des beaux jours. Dans l'isoloir beaucoup résisteront ils à la peur qui est bien trop souvent le moteur des décisions. Vont ils réellement voter avec leur coeur et leur raison. Ne pas se laisser soumettre aux discours lénifiants des faiseurs de leçons politologues. Voter positivemnt et non négativement, par défaut. Cette campagne, que je n'ai pas pu trop suivre, c'est vrai, m'a fait l'effet d'une vaste joute orale dans laquelle les vraies idées et les vraies réflexions de fond qui auraient dues être travaillées n'nt pas été souvent au devant de la scène. Gauche-Droite. Libéral-Antilibéral. Extrêmes-Centre. Vous pissez de quel côté vous ? Oh, moi, vous savez, j'arrose mes godasses.
Alors, gais, et hauts les coeurs, demain, je voterai, et je voterai selon mes convictions et dans ce que je pense constructif pour l'avenir de la planète et de l'homme, en qui je veux encore avoir confiance.
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15 avril 2007

Nombre Rond

Aujourd'hui c'est mon anniversaire. Un nombre pas rond disent beaucoup. En fait pas si carré que çà. Quarante neuf, 7 fois 7, qui fait rentrer dans la cinquantaine, tout rond vers le demi-siècle, à bon entendeur salut. Sagesse : sais pas. Si au moins j'avais encore toute la naiveté de mes 20 ans... J'ai de plus en plus de mal à avaler les couleuvres. Il faut dire que ce n'est pas trop digeste. Sept fois sept, donc. D'abord 7 ans, en culottes courtes. puis 14 ans, la communion solennelle, tout ça. 21 ans, et toutes mes dents, sauf celles de sagesse. 28 ans, des enfants tout mignons tout petits, le début de carrière. 35 ans, oh lala, ça se gâte, période noire car il y en a, même des biens noires, plus noires que... 42 ans, on relève la tête, on sort de l'eau, tout groggy, et on re-regarde autour de soi. Bon, y a du pain sur la planche. On se retrousse les manches, on y croit encore. On va de l'avant, et ... mais ça y est : 49, nom d'un chien ! Vous avez des bougies ? On sort le champagne.

Bastèr

medium_DSC00097.3.JPGHier soir, un vrai plaisir. Le groupe Bastèr en concert, dans une petite salle, de quoi faire chavirer un peu les coeurs oublier les bétises qui nous écrasent, et ne pas oublier le reste.
 
 
 
Et je ne résiste pas, si vous ne connaissez pas, de vous en faire profiter un peu....
 
 
 

Baster - Gawe
envoyé par nazca974

14 avril 2007

Lavergne

Philippe Lavergne savait bien qu’Amilcar irait jusqu’au bout de sa décision, même si ce n’était pas si simple de casser les uniques liens humains qu’il avait réussi à trouver jusqu’à présent. Le jeune homme allait devoir se débrouiller dans la faune et la concentration citadine. Lavergne n’avait pas réussi à extirper Amilcar de sa naïveté vis à vis du monde tel qu’il était devenu et qu’il ne connaissait plus qu’au travers de ses souvenirs, des écrits qu’il interprétait à sa façon, et des récits des rares qui en revenaient ou en venaient. Mais s’opposer à cette décision était inutile, et Amilcar devait de lui-même faire son propre chemin, c’est du moins ce qu’avait pensé Lavergne, qui maintenant s’affairait à la mise en place du dernier panneau, dont le branchement permettrait aux cases de la communauté d’être éclairées le soir.
Se procurer, avec l’aide de Judex et des autres habitants restés au village, ces panneaux solaires et les accumulateurs n’avait pas été facile. Il avait fallu sillonner pendant des jours les campagnes et les espaces presque déserts, à la recherche des anciennes maisons cossues dotées de ce type de matériel, qu’il fallait encore tester et ramener jusqu’au village. Tout en finissant les travaux sur les panneaux et les branchements, il se disait maintenant que ça avait été là aussi probablement une erreur de vouloir ramener un peu de confort aux habitants du village, qui, dans le dénuement nouveau de ces dernières années, avaient malgré tout retrouvé une joie de vivre et un bonheur simple oubliés depuis longtemps. Oui, le départ d’Amilcar constituait le premier incident depuis le début de cette nouvelle vie isolée du monde. Après tout, Lavergne ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même si maintenant Amilcar partait. Lavergne se demandait s’il avait bien fait de soutenir Amilcar dans le projet de réaménager cette grotte et de la remplir des ouvrages qu’il avait pu lui-même préserver. Maintenant qu’ Amilcar partait, il lui fallait s’occuper de la grotte, en protéger mieux l’accès, de façon à éviter qu’elle ne devienne une tentation pour d’autres...

Suite ...

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29 mars 2007

Amour à Gogo

De l'amour, de quoi réparer une maman en mille morceaux, avec l'aide d'un grand père et de son jardin merveilleux. Un texte de Maryvette Balcou et des photos prises à la Réunion par Chrytelle Aguilar, à croquer. Bravo à cet ouvrage jeunesse de Où Sont Les Enfants pour Amour à Gogo.

Des commentaires dans la revue Citrouilles, sur Africultures, Ricochet-jeunes, crl-midi-pyrénées,...

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28 mars 2007

Les motifs dans le tapis

Sur le tapis, tout est en principe visible, tout est à découvert ; si un motif m'est caché, ce n'est pas parce qu'il est recouvert, enfoui ou masqué, c'est simplement que je ne parviens pas à le discerner : il est trop entremêlé à d'autres, ou trop complexe, pour se détacher bien nettement du fond....
... Pour qu'une chose soit cachée, nul besoin qu'elle soit enfermée à bouble tour ; il suffit qu'elle soit exposée aux yeux de tous dans des conditions telles que personne n'y prête attention. 

J-J Rosat, "Les motifs dans le tapis", Wittgenstein, dernières pensées, 2002 (cité par B Lahire :"La culture des individus, dissonances culturelles et distinction de soi", p.118. Editions La Découverte, 2004.) 

27 mars 2007

Et voilà...

Aujourd'hui, je leur ai dit m.... (enfin, façon de parler, je suis resté poli) . Pas envie de continuer à marcher sur la tête, ça fait trop mal aux cheveux, et puis j'en ai marre de m'abîmer pour des prunes. A bon entendeur salut, ...

25 mars 2007

Crépuscule tropical

medium_blog170307.3.jpgPromenade crépusculaire, mer d'huile, nuages noirs protecteurs. Le filao se dresse, nu. Les barques filent recherchant leurs attaches. Littoral bercé par l'histoire, envahi par le tourisme. Hôtels de luxe ayant colonisé les plages, mais ne pouvant empêcher les 2 promeneurs curieux d'arpenter la grève. Entre loisirs artificiels offerts aux voyageurs par "packaging", et dure loi de la vie. Beauté crue des reliefs, couleurs douces du rivage. Fraicheur de la pluie fine du soir. Derniers baigneurs rentrant en hâte, un chien s'ébroue, les crabes sortent, une brise balance les branches de palétuviers. Une bande de garçons courent vers le village. Un père et ses 2 fils marchent en cadence, de la même allure, physionomie et gestes stéréotypés. 

22 mars 2007

Purin d'ortie

Une note que j'avais mise de côté en septembre dernier et oubliée.
19 septembre 2006, actualités de 13 heures, France 2. Dossiers qui interrogent. Journal télévisé qui se démarque des autres. Un agriculteur qui met en avant les vertus des plantes, en l’occurrence le purin d’ortie, qui se fait épingler parce qu’il n’a pas le droit, ce « produit » n’étant pas homologué pour ses propriétés intéressantes vis-à-vis des maladies (fongicide,…), alors que les grandes firmes à côté font de la publicité et vendent larga manu leurs engrais et pesticides industriels et chimiques. Autre dossier, dans le même journal télévisé, toujours l’agriculture : pas de subvention européenne pour les agriculteurs bio de Bretagne, contrairement aux autres, la France, n’ayant pas opté pour. Et, toujours, la valse des sans-papiers…

20 mars 2007

Le faillibilisme peircien

De l'impureté des théories réellement scientifiques, de leur caractère toujours plus ou moins imprécis, c'est très exactement ce dont Pierce voulait témoigner en philosophe ayant pratiqué le laboratoire : "Une théorie qui pourrait être absolument démontrée ne serait pas une théorie scientifique"... Le faillibilisme reste donc la seule position théorique rationnelle : tout dans la science montre que la science n'est que probable et non nécessaire ; ... "trois choses sont impossibles à atteindre par le raisonnement : la certitude, l'exactitude, l'universalité absolue". Le faillibilisme peircien ne se propose nullement de dévaluer la connaissance : il constitue un rempart contre le dogmatisme et le scepticisme radical, formes paressesues de la connaissance.
(B Lahire dans "La culture des individus", La Découverte, 2004, citant C. Tiercelin : "Pierce et le pragmatisme", PUF, Paris, 1993) 

18 mars 2007

Dégats cycloniques à Madagascar

16 mars, presse malgache.

Antalaha détruit à 40 %

Entré à Antalaha, hier, à 3 h du matin, le cyclone « Indlala » a causé des dégâts dans cette partie Nord de l’île. Ce cyclone restait dans cette capitale mondiale de la vanille de 3 h du matin à Midi. L’on a appris que, devant le bureau d’AIR MAD, des chaussées ont été emportées par les eaux, des bureaux administratifs dont la préfecture, le bureau de la gendarmerie ainsi que les locaux du Care ont été décoiffés. Des maisons dans les bas quartiers sont détruits à environ 60 %. Les estimations des dégâts sont évaluées à 40 % à Antalaha. Depuis hier, l’électricité est coupée et la ville se trouve dans le noir avec les dégâts assez sérieux. De même qu’à Sambava, où la ville se retrouve dans les ténèbres,une fois de plus.

Toujours à cause du cyclone, des risques d’inondations ont été signalées dans les districts d’Andapa et Ambanja. A Maroantsetra, les plantations de vanille et du café sont actuellement submergées. Ce ne sont que des dégâts partiels. Depuis hier, l’électricité est coupée.

16 mars 2007

Babel

Un film qui m’a étonné. Longtemps que je n’avais pas vu un scénario de cette trempe, réalisé entre le Maroc, la frontière mexicaine, et le Japon. Etonnant par la simplicité du croisement du destin de 3 familles, qui n’ont rien en commun, et qui pourtant subissent les avatars du monde moderme. Jeunes Marocains subissant, éleveurs des montagnes du rif jouant avec le feu, Américains touristes en recherche d’eux mêmes, nourrice mexicaine embarquant malgré elle les enfants nantis dans une aventure bien aléatoire, pére Japonais avec une fille sourde-muette en difficultés. Entre ces 3 cultures, ces 3 lieux, ces 3 histoires singulières, le lien du hasard. Ils ne se connaissent pas et ne se connaîtront pas. En filigrane, la folie de la politique médiatique, de l’aberration discriminative ethnique, le paradoxe du rêve américain, le malaise japonais…

14 mars 2007

Avion

Sièges étriqués. Appareil bondé. Bébé hurlant dans le bruit infernal des réacteurs. Relents de plats en sauce épicé, poisson ou volaille, vertèbres cervicales endolories, crampes fessières, jambes en compote, pieds gonflés. Envie de pisser. Il faut déranger les 2 voisins voisines de droite. Je me retiens, ce n’est pas si urgent que ça. Journal. L’adieu de Chirac aux urnes, comme si on ne le savait pas déjà. Commentaires politiques. Programmes santé des candidats. Le Pen mis sur le même plan que les autres. Pourquoi tolère t-on les intolérants ? Contradictions de la démocratie et de la liberté. Dans le journal encore : l’horreur du Darfour, délaissé par la communauté internationale, je repense à ce film « Shooting dogs » sur le Rwanda. Les mêmes aberrations se reproduisent, on détruit, on tue les enfants, on viole, sous  le couvert caché des gouvernants. Intolérance, encore.  Le repas arrive. Poulet en sauce blanche et purée de légumes. Entrée classique salade améliorée. Portion de camembert enrobée en papier argenté. Pâtisserie grasse. Vin en fiole étiquette passable. Pas de fruits. Digestif peu digeste punch vanille. Café, non merci il faut que j’essaye de dormir quelques heures. Sinon demain sera in the clouds. Je reprends le journal. Les caissières transformées en machine à code barre, comme cendrillon avec sa citrouille. J’abandonne le Monde. Mon voisin se bat avec son écran tactile. Cherche, hésite entre les 12 films et le programme de musique classique. C’était plus simple avant, il n’y avait qu’un seul programme, obligé de s'y coller, sur un écran collectif. Le bébé s’y remet. La femme du voisin reprend mon voisin qui ne me laisse pas assez de place. Mais non, ne vous en faites pas, tout va bien, merci madame. Je prends les pseudo-boules quiès orange fournies gracieusement par Air France, m’enfouis les yeux sous le cache bleu clair fade insipide, me recouvre le torse de la couverture légère grise, et m’appuie généreusement la tête sur le hublot au travers du petit oreiller rouge. En avant pour une petite nuit.